La facilité avec laquelle nos élites politiques dépensent les ressources du contribuable pour financer des industries souvent dépassées m'a toujours donné envie de hurler. Une grande partie de nos problèmes viennent, à mon sens, de là. Un colloque à Deauville le mois dernier m'a montré une nouvelle fois combien cette position des autorités était abracadabrante (pour ne pas dire abracadabrantesque). En effet, les tentatives des politiques de choisir eux-mêmes les secteurs d'avenir ont trop souvent conduit à des impasses. Ce qui semble, quand on prend la peine d'y réfléchir, assez logique. En quoi nos dirigeants seraient-ils mieux placés pour réaliser ce choix que le marché lui-même ? Les allocations de subventions sont à mon sens une forme d'arrogance. Comment les élites pourraient-elles avoir la moindre idée de ce à quoi ressemblera le futur sans prendre en compte l'avis du public ? Pour prendre un simple exemple : quelle aurait été la probabilité que nos dirigeants découvrent Steve Jobs d'Apple ou Marc Zuckerberg de Facebook avant l'heure et les reconnaissent comme des innovateurs, de futurs piliers de l'économie du net ? Nos élites ne sont décidément pas les plus expertes pour apprécier les idées à venir. Mais alors, serait-ce à dire qu'elles sont inutiles ? Doivent-elles attendre que le progrès, la technologie, l'innovation, la croissance tombent du ciel ? Bien sûr que non. Les administrations sont en effet faites pour collecter les conditions sine qua non à la production de capital : l'innovation, la recherche, l'entreprenariat ainsi que le libre marché. De manière pratique, ces conditions associent un cadre attrayant pour la recherche et le développement, une bonne législation en matière de faillites et bien sûr la défense du libre marché. Le gouvernement a donc un rôle capital à jouer dans la matérialisation de la croissance. Ce rôle consiste essentiellement à créer les facteurs environnementaux qui permettent la compétition et la création. C'est un leurre de concevoir que le gouvernement peut susciter de la richesse simplement en claquant des doigts, par le seul octroi de subventions. Voilà la conclusion à laquelle aboutissait ce colloque : progrès et innovation ne sont pas avivés par des subventions. Ils naissent du fait du libre marché et de la libre concurrence. Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de l'organisation de séminaire en Normandie.