L'Argentine est à mon sens la première victime du dolar. Elle a appelé à l'aide le Fonds monétaire international. Les taux d'intérêt en Argentine ont atteint 40%. La monnaie a reculé de 4% en une séance. La Turquie semble être le prochain pays sur la liste. Sa monnaie chute sans répit. Le réal brésilien semble lui aussi bien chancelant. ??Que se passe-t-il ? La monnaie de réserve mondiale, le dollar, a le vent en poupe. L'indice du dollar US, appelé Dixie du fait de son code mnémonique DXY, a grimpé en flèche ces derniers mois. ?La situation n'est donc pas bonne pour les pays qui ont besoin d'un dollar stable - en particulier ceux qui importent des matières premières (dont le prix est établi en dollars), les pays qui ont emprunté de la dette libellée en dollars US, et les pays qui commercent en dollars US. ??Il n'y a pas que les taux de change qui contrarient les marchés émergents. Les taux d'intérêt américains augmentent, ce qui augmente les taux sur l'ensemble du marché du dollar.?? Si l'on ajoute la perspective de resserrement de la politique monétaire aux Etats-Unis, et donc de la fin de l'approvisionnement en dollars, on obtient une triple malédiction du resserrement monétaire sur le commerce. ??Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a déclaré n'avoir cure de la douleur causée aux marchés émergents par sa monnaie : « Il y a une bonne raison de penser que la normalisation de la politique monétaire dans les économies avancées devrait continuer à être gérable pour les marchés émergents, [] les marchés ne devraient pas être surpris par nos actions si l'économie évolue conformément à nos attentes. » ?Cette indifférence de la part du gestionnaire du dollar américain a conduit au basculement de l'Argentine. Il ne faut pas oublier que les grandes crises financières commencent souvent par la feinte indifférence des présidents de la Fed vis à vis d'un krach en formation et par la poursuite de la hausse des taux d'intérêt. ??Cette fois-ci ne fera pas exception. Le krach aura lieu.